Photo Geoff

 

 

GEOFF...

Je garais ce jour-là ma voiture près des remparts. Il me restait cinq minutes pour me rendre au rendez-vous. Un vent léger remuait les branches nues des arbres. J'arrivais maintenant sur la place encombrée de voitures. Une foule s'agglutinait devant une petite porte. Certains sortaient, d'autres souhaitaient entrer. Je les imitais. Je reconnus sa mère. Je m'approchais d'elle et de lui. Il était 16H30. Les enfants chahutaient dans le hall. Leurs cris rebondissaient sur les murs pour ne jamais en finir. Il était là, devant moi, ou presque, fragile, dans ce corps liquide qui ne demandait qu'à s'affaisser. Seule sa tête s'articulait, précisément, avec force et conviction, pour me fuir. Ses mains se crispaient , refusant toute accroche. Sa mère, dans un dernier geste, lui prit la tête et la tourna vers moi. Nous nous retrouvions face à face. Malgré tout, nos regards ne se croisèrent jamais vraiment. Aussitôt lâché, son crâne retomba en arrière. Pas même de la crainte dans ses yeux, ou oui, peut-être, tout autant que dans les miens...

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